Le modèle de l’industrie de l’automobile est-il dépassé ?

Il y a quelques semaines se sont télescopés, dans l’actualité, des événements qui apparemment n’avaient rien en commun : l’aide de plusieurs milliards de dollars accordée aux Big 3, le dépôt de bilan de Kodak, le dépôt de bilan de CAMIF, les grosses crises chez 3 Suisses et La Redoute.

Vu de loin, rien de commun entre tous ces événements. Reprenons-les un à un.

Kodak fût, pendant de longues années, le roi de la photo. Kodak n’a non seulement pas inventé la technologie numérique, mais (pire encore) n’y a jamais cru et n’a rien fait pour se réinventer dans le business numérique. Qu’est-ce qui est arrivé ? Kodak a littéralement été « tué » par le numérique. Les entreprises de vente par correspondance sur catalogue CAMIF, 3 Suisses, et La Redoute ont fait leur mutation trop tard et ont eu (ou auront) du mal à résister au modèle de vente direct sur internet (dont le leader est eBay). Dans la lignée de nouveaux modèles de business écrasant les anciens, on peut citer Amazon.com vs. Librairies classiques, iTunes vs. CD,… Et la liste est longue.

Le point commun entre tous les événements sus-cités est l’adaptation du modèle de business au temps qui change.
Mon interrogation est la suivante : est-ce que le modèle actuel de l’automobile est toujours adapté à notre société actuelle ?

Une nouvelle société, Better Place, est en train de tester un autre modèle de business. L’idée est de plutôt se focaliser sur la mobilité des personnes. Cette société voudrait produire de l’énergie verte à grand échèle (éolienne, solaire,…) construire un réseau de distribution bien « maillé » et vendre des distances de mobilité à l’instar des minutes de communication téléphonique. Comme vous achetez de minutes chez SFR, vous pourrez acheter des minutes de transport (ou de mobilité) chez Better Place. Est-ce que cela marchera ? Je n’en sais rien. Simplement, il y a longtemps que je suis convaincu (pour plusieurs raisons) que l’automobile (à l’exception de quelques gammes de luxe) devient de plus en plus un objet à caractère fonctionnel : « permettant d’aller d’un point A à un point B ». Si tel est le cas, alors le modèle de Better Place a de très bonnes chances de succès. A l’heure où l’état américain (et bientôt la France pour ses constructeurs) verse des milliards de dollars pour soutenir les Big 3, on peut se poser la question de savoir si le modèle dominant actuel de l’automobile n’est pas simplement à bout de souffle. Sujet à suivre…

Toyota raconte ses premiers et derniers licenciements de 1950: de l’histoire ancienne bientôt?

Sur son site officiel japonais, on peut lire l’histoire des premiers licenciements de l’histoire de Toyota (cliquer ici pour y accéder). A cette occasion, 1600 personnes avaient été obligées de prendre une retraite anticipée. Cette histoire est décrite de manière très grave – démission spectaculaire du PDG de l’époque. J’entends d’ici certaines personnes dire « tout cela pour 1600 personnes qui prennent une retraite anticipée ? ». Quand vous lisez ce document vous comprenez l’importance que Toyota accorde à la confiance de ses salariés et le rôle central que cela joue dans leur système. D’où la gravité…

Le moins que l’on puisse dire est que la situation actuelle est vraiment très difficile chez Toyota qui annoncera ses premières pertes en 70 ans d’histoire. Si l’annonce de prochains licenciements chez Toyota se confirme, je doute que le nouveau PDG démissionne cette fois. L’on peut toutefois remarquer qu’au niveau de la communication Toyota s’est distancé des autres compagnies. Vous vous souvenez certainement de Rick Wagoner (PDG de GM) qui, dans son discours lors de sa première demande d’aide à Washington, avait grotesquement affirmé que tous les problèmes de GM étaient dus à la crise financière. Toyota parle de continuer à mieux se focaliser sur le besoin du client. Une fois de plus, le lean n’est pas la panacée. Preuve : Toyota n’échappe pas à la crise. Il va être très intéressant d’observer comment une entreprise Lean se comporte en période de crise comparativement aux autres. J’essayerai de regarder cela de très près.

Des licenciements annoncés chez Toyota, pour la première fois depuis 1950.

Selon un récent article de USA Today, Toyota annoncera bientôt un plan de licenciement de 1000 salariés permanents (UK et Amérique du Nord) . Ces dernier temps, Toyota s’était déjà débarrassé de ses intérimaires. Ce serait la première fois depuis la crise de 1950 que Toyota licencierait. Je rappelle que cet épisode, très pénible, s’était accompagné de la démission du PDG de l’époque, son fondateur Kiichiro Toyoda. Toyota devait alors s’engager à ne plus jamais procéder à aucun licenciement dans l’avenir. Toyota décida également de faire du « respect de ses salariés » le pilier le plus important de son système. Toyota a depuis construit son système sur cette « confiance » entre la compagnie et ses salariés. Toyota, qui a prévu d’annoncer des pertes de plus de 3 milliards de dollars, a procédé récemment à un réaménagement à sa tête. Akio Toyoda, le petit fils de Kiirchiro, a pris la direction de l’entreprise nippone.
Si ces licenciements devaient se confirmer, il serait intéressant de voir comment Toyota communiquera sur le sujet. Plus généralement, quel en serait l’impact sur le modèle Toyota ?

A suivre …