The « Tas Syndrome »…

Non ce n’est pas une maladie… « Tas » c’est le diminutif de Tasmanie. Il s’agit donc, en français du Syndrome de Tasmanie.  Avant  d’expliquer cette expression, revenons sur le post précédent pour poser la question suivante : « la baisse du prix de la robotisation et l’augmentation du coût de la main d’œuvre en Chine signifie-t-il que du jour au lendemain en cliquant sur un bouton on va faire revenir la production en France ? » La plus courte réponse est « NON ». Pourquoi ? Tout d’abord, en plus du fait que tous les postes ne peuvent pas être automatisés, le coût de la main d’œuvre ne se résume pas seulement à celui des opérateurs. Il y a également la main d’œuvre dite indirecte qui peu représenter jusqu’à la moitié du coût de la main d’œuvre totale. L’autre ensemble de raisons peuvent se regrouper sous ce que j’appelle le Syndrome de Tasmanie. L’histoire de la Tamanie est plutôt connue. Si vous ne la connaissez pas, pas de soucis, je vous laisse la lire. J’y reviendrai au prochain post et prendrai l’exemple d’Apple. En voici un condensé en anglais. En résumé, comme l’indique le titre : « The curious case of the people who forgot how to fish ».

Produire moins cher en France qu’en Chine!

Je viens de suivre un reportage sur TF1 qui portait sur les usines de PSA en Chine. Le journaliste y annonce que le coût de la main d’œuvre à Wuhan est de 5€ / heure. Dans le même reportage, on y apprend que le coût horaire atteind 8€ autour de Shanghai. Cela donne à réfléchir quand on sait qu’un robot du type Universal coûterait environ 5€ / heure (selon ses distributeurs). Un robot peut complètement remplacer un opérateur sur plusieurs tâches.  Il convient de noter qu’à 8€/ heure on est déjà au dessus du taux horaire dans bon nombre de pays européens : la Roumanie certainement mais aussi d’autres, plus proches, tels que la Pologne et le Portugal. On se rapproche des salaires tchèques. En réalité, les informations que je possédais sur les taux  horaire en Chine étaient un peu moins élevées, mais comme nous le savons tous, la Chine est un pays-continent où les disparités salariales peuvent être très importantes. Si les informations de TF1 et celles des distributeurs de robots sont vraies, alors on peut dire que dans certains  cas, il est désormais possible de produire en France à coût moins élevé qu’en Chine….

La meilleure nouvelle pour l’emploi en France depuis très longtemps

Il ne s’agit pas d’une quelconque baisse du chiffre de chômage en France mais de l’annonce faite par Foxconn en début de semaine signifiant son intention de remplacer une partie de ses opérateurs par 1.000.000 de robots d’ici 3 ans. Cette société chinoise qui fabrique des équipements électroniques pour des grandes entreprises occidentales (Apple, Nokia, …) possède actuellement près d’1 million de salariés et 10.000 robots. Elle compte faire passer son parc robots à 300.000 dans un an avant d’atteindre le million dans 3 ans. Foxconn, qui a également fait la une de l’actualité il y a un certain temps à cause de nombreux suicides d’employés, rémunère actuellement ses opérateurs entre 200 et 300 dollars par mois. Comme nous le savons tous, les prix des robots ont baissé au cours des dernières années alors que le coût de la main d’œuvre en Chine a augmenté. Au delà des nécessités spécifiques à l’industrie électronique, cette décision de Foxconn est le signal du début d’une inflexion : « les robots seraient devenus moins couteux que la main d’œuvre en chine ».

« Alors quel est le lien entre cette histoire et l’emploi en France ? », me diriez-vous.

Eh bien pourquoi faire en Chine ce que l’on pourrait faire en France (en Allemagne et tout autre pays de l’Europe occidentale) sans les coûts logistiques? Certes, automatiser en France au lieu d’aller en Chine ne permettrait pas de maintenir tous les emplois mais certainement une partie (ce qui vaut encore mieux qu’un « outsourcing » complet). Certes, la main d’œuvre indirecte restera moins chère en Chine (sur cette population les écarts avec l’Europe sont moins importants). Certes, le réseau de fournisseurs de composants est très souvent installé en chine. Certes, il y aura toujours d’autres destinations encore plus « low cost » que la chine (Viêtnam, Philippines, …). La réalité est que cette décision de Foxconn signale le début de quelque chose… à suivre. Dans tous les cas, cette info est certainement plus importante qu’un quelconque chiffre de baisse de chômage qui très souvent n’a statiquement aucune signification (variation de cause commune).