Je viens de suivre un reportage sur TF1 qui portait sur les usines de PSA en Chine. Le journaliste y annonce que le coût de la main d’œuvre à Wuhan est de 5€ / heure. Dans le même reportage, on y apprend que le coût horaire atteind 8€ autour de Shanghai. Cela donne à réfléchir quand on sait qu’un robot du type Universal coûterait environ 5€ / heure (selon ses distributeurs). Un robot peut complètement remplacer un opérateur sur plusieurs tâches. Il convient de noter qu’à 8€/ heure on est déjà au dessus du taux horaire dans bon nombre de pays européens : la Roumanie certainement mais aussi d’autres, plus proches, tels que la Pologne et le Portugal. On se rapproche des salaires tchèques. En réalité, les informations que je possédais sur les taux horaire en Chine étaient un peu moins élevées, mais comme nous le savons tous, la Chine est un pays-continent où les disparités salariales peuvent être très importantes. Si les informations de TF1 et celles des distributeurs de robots sont vraies, alors on peut dire que dans certains cas, il est désormais possible de produire en France à coût moins élevé qu’en Chine….
Performance
Pourquoi la rentabilité est si faible en France? La lecture industrielle – Deuxième partie.
Dans mon précédent post, je soulignais le fait que le coût de la main d’œuvre ne pouvait expliquer qu’au mieux 30% de l’écart de complétive entre la France et l’Allemagne (3,3 points sur 12 points de pourcentage). Dans ce post, je souhaite vous proposer un angle de lecture très souvent absent dans les médias : celui de l’industriel.
Tout d’abord, une trivialité qu’il convient de rappeler : la main d’œuvre n’est qu’une composante du coût final du produit. Le marché met à la disposition de l’industriel des ressources lui permettant de fabriquer son produit : la matière première, la main d’œuvre, les machines, l’énergie… Le génie de l’industriel vient de l’intelligence qu’il met dans la manière d’utiliser ces ressources afin de fabriquer ce produit au moindre coût tout en garantissant le délai et la qualité attendus par ses clients. C’est ce que j’appelle l’excellence industrielle (Manufacturing Excellence). L’excellence industrielle s’appuie sur deux piliers :
1/ L’organisation du travail et de la production, qui utilise plusieurs méthodes (lean, six sigma, TOC, …), est également appelée Excellence Opérationnelle. Mes récents livres portent d’ailleurs sur un des outils de base que l’on appelle travail standard qui consiste à déterminer la manière la plus efficace de réaliser une activité (sans gaspillage) et ensuite la rependre le plus possible dans l’entreprise. Ces méthodes viennent surtout des USA et du Japon et sont aujourd’hui fortement diffusées dans le monde y compris en France et en Allemagne. De ce fait, leur application ne constitue pas, à mon avis, le facteur différenciateur – il y a un léger bémol sur lequel je reviendrai dans un de mes prochains posts.
2/ Le deuxième pilier est l’automatisation ou plus précisément l’automatisation intelligente (Smart automation). Le bon indicateur de mesure est le nombre de robots (environ 1.2 million dans le monde). Le champion toute catégorie ici est le Japon (une fois de plus !) qui possède 1 robot sur 3 dans le monde. Ensuite, vient l’Amérique du nord (USA, Canada, Mexique) avec 1 robot sur 6 environs (16%) puis l’Allemagne avec près 1 robot sur 7 (13%) et la Corée du Sud qui se classe 4ème avec environ 1 robot sur 10 (11%). Voilà pour les principaux joueurs. En réalité, si on regarde les choses pays par pays l’Allemagne se classe en deuxième position. Qu’en est-il de la France ? Eh bien la France a 3 fois moins de robots que la Chine, elle n’est même pas 2ème en Europe, elle vient après l’Italie et se classe quasiment au même niveau que l’Espagne avec 2,5% de robots dans le monde soit 5 fois moins qu’en Allemagne ! Et la situation ne s’arrange pas car l’an dernier les entreprises allemandes ont acheté environ 18 000 robots alors qu’en France, on n’en a acheté que 3000 environ. Voilà la réalité des choses. Ce nombre de robots est un indicateur qui donne une bonne image du niveau d’automatisation qui permet aux allemands de produire moins cher et de qualité chez eux et de maintenir des emplois industriels. Pour information, les US, qui se sont lancés dans une forte automatisation ces dernières années, ont fait mieux que maintenir le niveau des emplois industriels. Ils ont crée près de 700 000 emplois en plus dans le secteur industriel depuis 2010 alors qu’en France le secteur industriel ne cesse de détruire les emplois (-36% en 30 ans).
Voilà ! Pendant que l’on discute du coût de la main d’œuvre n’oublions pas un facteur très important qui est que notre industrie est aujourd’hui très en retard sur un autre point très important qui peut expliquer une bonne partie de l’écart de productivité entre la France et l’Allemagne : l’automatisation ou tout simplement la modernisation de l’outil de production. Cela devrait s’accompagner de la montée en gamme des produits. Certains l’appellent « Advanced manufacturing » ou Manufacturing 2.0. Quel que soit le nom utilisé, la France doit s’y mettre pour sauver son industrie.
Pourquoi la rentabilité est si faible en France? La lecture industrielle – Première partie.
Dans mes précédents posts, j’ai, à maintes reprises, signalé la manière quasi pavlovienne qu’avaient un certain nombre d’économistes et d’hommes politiques à pointer du doigt le coût de la main d’œuvre en France quand on parlait de la productivité – voir le dernier. La récente publication des chiffres du taux de marge des entreprises (Eurostat) a été l’occasion de revoir les mêmes (les plus écoutés) nous réexpliquer la même chose – voir article des Echos.
Comme dans tous mes précédents posts, je réaffirme que le coût de la main d’œuvre est une composante du sujet. Pas sûr que cela soit le principal problème, surtout quand on compare la France et l’Allemagne. Revenons à l’article des Echos. Tout d’abord, comme un pied de nez, le premier de la classe (la Norvège à 55% de taux de marge) est celui dans lequel le coût de la main d’œuvre est le plus élevé (autour de 48€ de l’heure selon les chiffres d’Eurostat, soit près de 30% de plus qu’en France). Nous n’allons pas nous attarder sur le cas particulier de la Norvège qui bénéficie de la manne pétrolière. De même la Pologne, le Portugal et, dans une moindre mesure, l’Espagne bénéficient naturellement du faible coût de la main d’œuvre – qui a donc un véritable effet. Les cas intéressants restent l’Allemagne et l’Italie. Tiens, focalisons nous sur l’Allemagne – je reviendrai sur le cas de l’Italie dans un prochain post.
La France (28% de taux de marge) est à 12 points de l’Allemagne (40% de taux de marge). Voici ma lecture industrielle.
Essayons d’estimer quel peut être la contribution de cet écart* de 12 points due au coût de la main d’œuvre dans l’industrie. Selon l’origine des chiffres, la position relative du coût de la main d’œuvre en France et en Allemagne diffère. Prenons ceux d’Eurostat arrondis : 34€ pour le taux horaire en France et 31€ pour l’Allemagne. Cela fait un écart de 10% environ. Est-ce que les 10% d’écart de coût de la main d’œuvre expliquent les 12 points d’écart entre la marge en France et en Allemagne ? Pas si vite ! La main d’œuvre, comme nous le savons, n’est qu’une composante de la Valeur Ajoutée. Tout d’abord dans l’industrie, les ratios coût matière première – valeur ajoutée sont en général de 2/3 – 1/3. Et sur la partie valeur ajoutée, la contribution de la main d’œuvre va être autour d’1/3 également (résultats travaux de mon ami Dan Whitney, Prof au MIT). Au final, cela correspond dans l’industrie à 10% x 33% ; soit environ 3,3 points d’écart potentiellement imputable à la main d’œuvre. Alors comment expliquer les 8,7 points (12 points – 3,3 points) d’écart restant entre l’Allemagne et la France?
Cela sera l’objet de mon prochain post.
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*Le taux de marge traduit l’écart entre le prix de vente et le coût. Par conséquent, une partie des écarts du taux de marge entre les pays peut provenir de la santé économique. En effet, les marges on naturellement tendance à être meilleures quand l’économie va bien. Le taux de marge va dépendre également du positionnement du produit : haut de gamme – bas de gamme. Sur les deux points précédents l’Allemagne se positionne mieux que la France : l’économie est en meilleure forme en Allemagne et les produits (ex : les voitures) allemands ont tendance à être d’un niveau gamme supérieur en Allemagne.
PSA et le haut de Gamme « Playing to win »…Trois choses que devrait faire PSA
Faits : Audi représente environ 10% des ventes de VW mais contribue pour plus de 50% des bénéfices.
Si PSA veut sérieusement jouer dans la cour du haut de gamme, il doit faire 3 choses :
- Créer une marque dédiée au haut de gamme (arrêter d’utiliser les marques Peugeot et Citroën)
- Séparer complètement cette nouvelle marque de son business actuel (utiliser le modèle que VW ou Toyota ont utilisé pour créer respectivement Audi et Lexus)
- Créer une voiture haut de gamme « super-cool » qui soit exceptionnellement supérieure à celles des concurrents (le cas d’Audi ou de Lexus peut servir d’exemple). Cela permettra à PSA de de se construire une crédibilité.
Si PSA veut jouer dans la cour des grands (haut de gamme) elle doit y aller pour gagner …. Elle en a les moyens humains (peut-être pas le cash nécessaire) mais ce point est une carte importante pour son avenir tant en Europe qu’en Chine. Cela prendra du temps… Au moins 10 ans (une fois de plus voir le cas d’Audi et Lexus)… mais c’est le moment d’y songer sérieusement.
Turning the page : Devenez des experts !
Ma thèse est la suivante, en période de boum économique on peut « jouer aux dés » et obtenir de très bon résultats car le nombre de gagnants est très important. Et donc la probabilité de gagner l’est aussi. Quand arrive la crise, le nombre de gagnants se réduit et la probabilité de gagner également. On a donc intérêt à être bon. La place au hasard est réduite. Pour réussir… Les choses sont très simples, comme dirait l’autre en anglais: « You better be smart if you are not lucky ».
Eh bien comme la chance ne marche pas tout le temps et que la crise s’installe dans nos pays on a intérêt à être « Smart »… a être un Expert. On le voit bien dans le domaine de l’automobile comment les modèles d’entreprises basés sur l’expertise technique s’en sortent mieux. L’Allemagne et le Japon sont des exemples parlants même si les approches sont différentes. A la base il y a la priorité donnée à la maitrise technique du produit et du process… Cela est valable même au niveau du top management ! Alors le temps est venu de devenir des Experts. C’est de cette idée, entre autres, qu’est né le concept de mon bouquin dans la série « The One Day Expert » dont l’ambition est de faire du lecteur un expert en 1 jour !
Une non-vérité très partagée
Depuis que le débat sur le « fabriqué en France » est sur le devant de l’actualité on entend beaucoup de propositions des uns et des autres. En réalité, il s’agit surtout des mêmes qui sont reprises ici et là. Il y en a une que je souhaite commenter dans ce post. Tout le monde nous explique que pour produire en France il faudrait, entre autres, que l’on « monte en gamme ». Cet argument est surtout appliqué aux deux constructeurs d’autos : PSA et Renault. Le principe de cette idée est que sur les produits hauts de gamme on fait plus de marge. Par conséquent, l’on pourrait rogner un peu sur sa marge en produisant en France. Là où l’idée est moins robuste est qu’à la fin la marge totale de Renault ou de PSA sera le résultat des marges effectuées tant dans les pays à hauts salaires que dans les pays à bas salaires. Des lors, que les coûts soient en France ou en Pologne importe peu. Dit très simplement : si l’on à une marge positive en France l’on pourrait augmenter encore cette marge en installant la production dans en Pologne. C’est d’ailleurs cette logique qui veut que dans les entreprises l’on se focalise davantage sur les usines qui perdent de l’argent et qui ont peu d’opportunités d’amélioration au lieu de se tourner vers celles qui gagnent de l’argent et qui ont encore de belles marges de progrès.
En réalité, le produit n’est un facteur que si le service et la valeur-ajoutée qui y sont associés sont liés à la localisation géographique (la nécessité d’être localisé en France). Par exemple, les sacs à mains Vuitton doivent être fabriqués en France car ce lieu de fabrication fait partie de la valeur qu’elle apporte (Comment imaginer un sac à main Vuitton fabriqué en chine?). De même si la réactivité est un facteur important ,(certains business dans l’habillement customisé) l’on installera les moyens de production en France ou dans les pays proches européens plutôt qu’en Chine.
En réalité les véritables facteurs sont le process, les technologies utilisés dans les moyens de production. Nous devons transformer le process pour l’adapter davantage aux conditions locales françaises. Ainsi au lieu de parler de produit haut de gamme on recherchera plutôt un « process haut de gamme ». En anglais, le terme le plus souvent utilisé est « Advanced manufacturing ». J’y reviendrai dans l’un de mes prochains posts…
« From the End to the Revival of Detroit… » Et le lean dans tout cela?
Il y a quelques années le message sur la supériorité du lean était simple et clair comme dans les approches religieuses. La simplicité biblique était celle-ci : d’un côté nous avions Toyota à qui tout réussissait et qui allait dominer le monde (le « bien »). De l’autre coté il y avait les autres, symbolisés par les « Big 3 » qui périclitaient et étaient voués à disparaitre (le « mal »). L’histoire à raconter était simplissime : « faites exactement ce que fait Toyota et vous serez sauvés » ! Un bouquin que j’ai pris plaisir à lire présentait cette thèse de manière très éloquente et argumentée: « The end of Detroit », par Micheline Maynard (à l’époque chroniqueuse au New York Time) : J’en ai parlé plusieurs fois dans mon blog : Qui connaît Monsieur Katsuaki Watanabe? , Le retour de la Taurus sauvera-t-il le constructeur Ford?, Du TPS au TPD : l’autre arme redoutable de Toyota
La prise du pouvoir de Toyota et la fin de Detroit ont quasiment eu lieu en 2008… Quasiment car sans la décision courageuse de Barack Obama, la « prophétie » se serait réalisée. Aujourd’hui les « Big 3 » sont de retour. Comme l’illustre le dernier classement des constructeurs d’autos : GM vient en première position (avec un peu plus de 9 million de voitures vendues), VW est classé deuxième (8,16 million de voitures), le duo Renault-Nissan vient en 3ème position (8,03 million de voitures) et Toyota, ex-numéro 1, n’est plus que 4ème ( 7,9 million de voitures)…. Certes, Toyota a subit l’impact du tremblement de terre de mars dernier. Simplement cela n’explique pas tout. Des problèmes étaient déjà apparus avant cet événement… Voir mes posts précédents sur le sujet : Toyota : est-ce la fin ?, Burning Down the Lean House
Quelle est la moralité de cette histoire (qui continue), s’il y a en une? Pour faire court : méfions-nous des histoires simples ! Le lean, malgré toutes ses qualités, n’est certainement pas la panacée….
Une vérité peu partagée ! Episode 2
Une vérité peu partagée ! Episode 2
Comme suite à mon post précédent, voici les résultats de mon analyse des données sur les salaires dans certains pays européens au cours des dernières années.
La réponse à la question n’est pas 1/ comme tout le monde aurait tendance à le dire mais bien réponse 3/.
Pour illustrer mon propos, ci-dessous un graphe représentant les salaires moyens en 2001 et 2009 les deux dernières barres montre l’évolution de l’écart entre le pays au salaire le plus haut (Allemagne) et le pays au salaire le plus bas (Bulgarie). L’on voit bien que cet écart s’est accru. Cela est vrai de manière plus générale quand on fait une comparaison plus détaillé et croisée – résultats que je ne peux pas présenter ici: les écarts augmentent!

Certes, comme on pourrait s’y attendre (voir ci-dessous), la croissance moyenne des salaires sur les 9 dernières années a été en moyenne plus forte dans les pays à la main d’œuvre moins chère . Toutefois, cette croissante n’a pas été suffisante pour réduire les écarts. Cela peut être illustré par l’exemple fictif d’une course que l’on organiserait entre un TGV et une tortue. Si à un moment de la course la tortue double sa vitesse alors que le TGV réduit la sienne. L’écart entre le TGV et la tortue continuera tout de même à augmenter (du moins au dans un premier temps…). C’est exactement le cas ici… Les écarts augmentent moins vite certes (ce qui trompe la perception), mais augmentent tout de même… La question du coût de la main d’œuvre reste donc une vraie question qui ne disparaitra pas avant 10 à 15 ans. J’y reviendrai dans un des mes prochains posts.

Une vérité peu partagée ! Episode 1
Ci-dessous, un graphe qui donne le salaire mensuel moyen dans quelques pays européens (des plus riches ou High Cost Countries au plus pauvres ou Low Cost Countries). Depuis près dix ans, je l’utilise dans mes interventions à Supélec et à l’ECP. Invariablement pendant ces 9 dernières années ma question a toujours été la même : « Comment évoluera l’écart entre les salaires moyens d’ici 10 ans ? » Question suivie de 3 propositions de réponse :
1/ Resserrement des écarts, c’est-à-dire une distribution plus horizontale (droite de tendance verte) ;
2/ Maintien des écarts, c’est-à-dire une distribution semblable à celle du graphe (droite tendance jaune) ;
3/ Creusement des écarts, c’est-à-dire une distribution plus pentue (droite tendance bleue).
Invariablement la réponse des étudiants a toujours été 1/. J’ai souvent posé cette question ou discuté du sujet autour de moi tant dans le cercle privé que professionnel. Je ne connais absolument personne qui ait défendu un point de vue différent de celui de la réponse 1/.
Depuis ma première utilisation de ce graphique en 2002, il y a eu des données. En bon scientifique, j’ai donc voulu vérifier si cette « évidence », qui voudrait que les écarts de salaire entre les pays de l’ouest et ceux de l’est de l’Europe se resserrent, était vraie. Normalement toutes les évidences devraient être vraies. Simplement, j’ai appris à me méfier des évidences…
Dans mon processus de vérification, j’ai découvert des « choses » totalement surprenantes et intéressantes. Suite au prochain post. D’ici là si vous avez un avis, n’hésitez pas à l’exprimer.
Plaidoyer pour la troisième révolution industrielle. Episode 3 : dépasser le lean…
Dans les posts précédents j’ai justifié le besoin d’une troisième révolution industrielle. Qu’est-ce donc ?
J’identifie 4 composantes importantes à explorer pour matérialiser cette 3ème révolution industrielle.
Composante 1 : La généralisation de l’excellence opérationnelle (lean, six sigma, et autre outils d’amélioration)
L’exemple Japonais est très parlant. En effet, le Japon a pu se relever seconde guerre mondiale et continuer pendant de nombreuses années à être une puissance industrielle grâce à son excellence opérationnelle. Cette composante devient de plus en plus importante au fur et à mesure que l’on se rapproche des produit de commodité –ex : le groupe VW a plus besoin de réduction de coûts pour les véhicules de marque VW que pour ceux de marque Audi. L’objectif est de propager ces méthodologies partout dans des PME aux grandes entreprises. Une fois de plus, la voie nous est montrée ici par les entreprises japonaises qui ont su mettre en place une machine très puissante pour propager des méthodologies d’excellence opérationnelle après la seconde guerre mondiale.
Composante 2 : « Smart automation »
Il s’agit ici d’être capable d’insuffler le bon et juste niveau d’automatisation. Juste ce qu’il faut pour rendre le modèle industriel financièrement solide. Certes, cela peut aboutir à la réduction de certains emplois mais paradoxalement cela permettra d’en sauver quelques uns. Ici également, les entreprises japonaises montrent également le chemin.
Composante 3 : l’intégration de la supply chain
Les coûts logistiques sont en croissance permanente. L’intégration de la chaine logistique et au final le fait de produire au plus près du client peut permettre d’engranger des économies importantes sur le coût global de production. C’est également une approche écologique. En la matière le business model d’In-and-out Burger, que j’ai abordé dans ce blog, est un exemple. Ce modèle a un lien avec la composante 4 ci-dessous.
Les composantes ci-dessus sont purement industrielles. Le dernier, ci-dessous, l’est nettement moins.
Composante 4 : « all one team »
Cela signifie que l’industrie comme tout business doit intégrer les principales parties prenantes (un des principes d’E. W. Deming que j’ai déjà abordé dans ce blog). L’idée ici est que plus on intègre d’acteurs, plus les gains seront importants (sur le long terme). Ces « stakeholders » sont au nombre de 5 : les salariés, les actionnaires, les clients, la communauté et les fournisseurs. Il est possible toujours obtenir des gains très importants et rapides en lésant l’un de ces 5 acteurs mais sur le long terme on est perdant. Je pense que nous somme actuellement dans cette situation. Des gains sur le long terme nécessiteront de toujours rechercher un arbitrage de type « win –win – win – win -win » avec ces 5 acteurs. Avec la 3ème révolution industrielle, ces « stakeholders » ont chacun un rôle à jouer. Il s’agit d’une situation de collaboration au sens de la théorie des jeux (voir l’équilibre de John Nash). Nous sommes dans une situation où la réussite des uns passe par celle des autres. Chacun de ces 5 stakeholders reçoit et donne. Part exemple l’industrie, par respect de la communauté, doit prendre davantage compte de l’environnement. Ainsi l’industriel issu de la 3ème résolution tien d’avantage compte de l’environnement dans ses décisions. Inversement, la communauté (au sens de somme d’individus) lui est reconnaissante dans sa démarche de consommation. Je reviendrai dans mon prochain post sur le rôle de la communauté au sens de l’état, qui doit jouer un rôle stratégique très important dans cette troisième révolution industrielle. Je prendrai un exemple concret pour illustrer mon propos.
Comme on le voit bien, on peut plus simplement se contenter du lean. Il faut aller plus loin et combiner plusieurs outils si on voudrait avoir un autre choix que la délocalisation.
