Selon une info récente, chaque français jette en moyenne 16 kilos de nourriture en bon état à la poubelle. Cela représente plus d’un milliard de kilos de nourriture consommable qui va à la poubelle chaque année en France. Je suis certain que les chiffres par habitant ne sont pas très différents dans les pays voisins. Je vous laisse le soin de faire les calculs au niveau européen. Tout cela est un gaspillage à la fois pour les consommateurs et les services d’hygiène qui doivent transporter des quantités énormes de déchets qui remplissent nos poubelles. Ne parlons même pas de la pollution qu’entraine toute cette activité.

Alors que fait-on ?
Une famille moyenne française comporte 2 parents et 2 enfants. Cela fait 64 kilos de nourriture à éviter de jeter à la poubelle. Chaque famille peut réduire cette quantité en appliquant quelques règles simples du lean (on parle alors de lean consumption) :
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Le concept du « flux tiré » et non du « flux poussé » :
Comme dans une usine, il faut définir ses besoins (liste des courses) et s’y tenir lors des achats. Si vous allez au-delà, cela s’apparente à de la surproduction. Celle-là même que vous combattez dans votre usine. La liste de courses comme les OF (ordres de fabrication) doit découler des vos menus (que mange-t-on ?). Il est clair que si vous n’établissez pas de menu (comme 40% de personnes) les aliments achetés risquent de ne pas être consommés. Comme dans une usine il vous maquera toujours des ingrédients pour « assembler » vos menus et vous serez obligé de stocker certains aliments que vous avez achetés, avec le risque que cela finisse à la poubelle. Imaginez Renault faisant ses « courses » chez ses fournisseurs sans savoir exactement le besoin en fabrication de voitures Megane, Clio, Twingo, …. -
La Qualité
Vérifier la qualité de produits achetés. Comme dans l’usine il est important de regarder les infos telles que les dates de péremption. -
Le flux continu :
Acheter des « petites quantités et plus souvent » en lieu et place de « grandes quantités moins souvent ». En somme, les grandes courses mensuelles dans les grandes surfaces ne sont pas toujours les solutions les moins chères (même si le coût à l’unité semble meilleur). De plus, cela réduit le chaos dans vos prévisions de menus.
Voila, je pense qu’en appliquant les principes du lean, vous pourriez aboutir à quelques règles simples qui vous permettront de faire des économies et un peu d’écologie…
Est-ce que l’on pousse vraiment toujours la nourriture dans le frigo ?
Personnellement, je ne crois pas (bien que cela arrive, c’est la conséquence, sans doute, de la publicité).
Je pense au contraire qu’on tire la nourriture depuis le super marché, mais la question est : pourquoi faisons-nous autant de stock ?
J’ai deux questions:
1) pourquoi avons-nous un grand espace de stockage ? ( -> achetons des frigos plus petits!)
2) reste la question du pourquoi du stock ?
A cette dernière question, je réponds personnellement: changement d’outil !
Le magasin est loin, grand, donc il est coûteux d’y aller (cela prend du temps). Donc, on y va moins souvent, mais cela nécessite de faire des lots d’achats, donc du stock à l’arrivée, avec les risques décrits dans l’article bien-sûr : sur consommation ou péremption des aliments.
Donc, aller plus souvent et prendre moins (forcément, sinon le frigo déborde), bien-sûr, mais encore faut-il que cela soit possible ! Sinon, la conséquence se paie en kilométrage à la voiture, donc en essence (€€€) et en pollution.
La solution que nous avons trouvé à la maison (enfin, ma femme
est d’aller au supermarché plus petit mais plus près. Moins le choix, mais tout de même correct pour nos besoins, magasin plus petit, donc moins de déplacements, donc courses plus vite faites. Sans compter que la majorité des gens vont au gros, donc il y a moins de monde dans le petit. Bref, tout bénéfice. Et comme il est plus près, y aller plus souvent coûte moins cher en essence également.
Et comme notre nouveau frigo est plus petit également, tout s’adapte finalement bien.
Magique ?
@stampf
Bonjour,
Merci pour votre commentaire très pertinent.
Je suis d’accord avec vous au sujet la solution de proximité. En réalité, quand je suggère d’y aller plus souvent cela implique le fait de fréquenter les superettes les plus proches (même si elles sont un peu plus chères on y gagne au coût global). Comme le décrivent très bien Jim Womack et Dan Jones dans leur livre « Lean Consumption », la solution réside dans une combinaison d’offres: supermarchés, grandes surfaces, superettes, les épiceries et achats via le net. Comme en logistique, il est important de classer au préalable les aliments en fonction de la fréquence de consommation des aliments. Par exemple : tout ce qui est « high runners » (produit à forte consommation) peut être acheté en Supermarché. Un autre critère peut être le temps de péremption. Par exemple, tout aliment qui doit être consommé frais (du pain par exemple) doit être acheté le plus prés possible… Egalement vous pouvez gagner en temps de déplacement et de transport en achetant certains aliments (surtout des boites de conserves, qui ne craignent pas, via internet) … ainsi de suite.
Voilà.
Alain