Négociations sur les retraites et l’art de la résolution des problèmes

L’introduction de la pénibilité semble être le « buzzword » de la négociation sur les retraites. Toutes les parties, y compris les syndicats, nous expliquent que l’espérance de vie d’un ouvrier étant inférieure à celle d’un cadre –d’environ 7 ans. Il mérite de partir plus tôt en retraite. Cela semble sensé, n’est-ce pas ?  Ce qui me surprend ici est que tout le monde semble prendre la pénibilité au travail comme une fatalité ou une loi de la physique naturelle comme la force de gravité. Personne ne semble s’attaquer aux causes racines du problème. Un simple « 5 pourquoi » aurait permis de creuser un peu le problème. En effet on peut comprendre que pour ceux qui sont à la fin de leur carrière, il soit trop tard pour parler de causes racines. Simplement, il me semble important de d’avoir un plan d’amélioration continue pour réduire ce gap entre l’espérance de vie d’un cadre et celui d’un ouvrier. Cela doit être notre challenge. Les choses ne sont pas simples mais les personnes qui y travaillent ont des pistes. L’ergonomie au poste me semble être un point important sur lequel des progrès (actions importantes) sont nécessaires surtout avec une population européenne de plus en plus vieillissante. Je pense aux solutions très simple et très peu couteuses telles que des équipements simples d’aide à la manipulation des pièces ou tout simplement la rotation au postes de travail qui permet à l’opérateur de solliciter des muscles différents.  Même économiquement, cela fait sens tant au niveau des entreprises que du financement des retraites. Le challenge des partenaires de la discussion sur la retraite devrait être par exemple de « réduire de 7 ans à 2 ans l’écart d’espérance de vie entre les ouvrier et le cadre en 2025 ». Tout le monde y serait gagnant car la véritable « injustice » ici est que l’ouvrier vit moins longtemps que le cadre

4 thoughts on “Négociations sur les retraites et l’art de la résolution des problèmes

  1. Je crois que ce post est également un raccourci concernant les solutions à mettre en oeuvre car la mesure que vous faites ne concerne que les conditions de travail. Or il me semble que ce gap ne peut s’expliquer que par ce qui se passe à l’intérieur de l’entreprise mais également en dehors. Il manque une partie sociologique.

    Prenons des exemples:
    – Le bio qui est vendu en moyenne 30% plus cher. Qui est le plus susceptible d’en consommer; le cadre ou l’ouvrier?
    – Quelles ont été les premières voitures équipées d’air bag; les twingo ou les BMW?

    Bref il me semble peu évident de corréler directement l’espérance de vie avec la pénibilité du travail sans ajouter de nombreux autres facteurs.

    • Bonjour Fabien,
      Vous avez absolument raison de remarquer que les conditions de travail ne sont qu’une partie des causes de l’inégalité. Cela dit, je revendique le fait que mon post ne se limite qu’à ce qui se passe dans l’entreprise. On peut déjà y faire beaucoup… Je laisse aux politiques et autres le soin de traiter de ce qui se passe ailleurs. Le ton de mon post est volontairement orienté business. En effet, s’occuper de l’ergonomie est une solution « win – win – win » pour l’ouvrier, l’entreprise et la communauté (l’état) et donc, par déduction, cela est également « win » pour l’actionnaire.
      Alain

  2. Je complèterai l’aspect sociologique avec les progrès de l’hygiène industrielle et de la santé au travail :
    Il y a 20 ans, la manipulation de l’amiante par exemple ne posait pas de problème de « pénibilité » au travail tout comme bon nombre d’opérations essentiellement réalisées par les ouvriers (peinture des voitures, usinage de certains alliages…).
    Il est cependant difficile d’anticiper ces progrès bien que l’on puisse présager de certains. Quen est il des champs électromagnétiques par exemple, la tendance pourrait peut être même s’inverser si dans 10 ou 20 ans on découvre que l’utilisation de Windows à des conséquences irréversibles.

  3. L’espérance de vie est l’un de meilleur critère de bonheur de Stiglitz. N’est-ce pas le vrai sujet? La partie de travail sans bonheur en balance contre le bonheur (au travail + autre). La vraie injustice serait donc l’ouvrier qui n’a ni bonheur au travail, ni espérance de vie, ni qualité d’environnement contre le cadre ?

    Quant à la prise en compte de l’amour …

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