L’une des pièces maîtresses du lean est le travail en équipe. Je voudrais, dans ce post, montrer très rapidement que « 10 personnes au tour d’une table auront beaucoup plus de chances de trouver la solution à un problème qu’une seule, fut-elle très intelligente ». Le travail en équipe ou la collaboration (en ce qui concerne les entreprises) est une formule exponentiellement puissante car cela permet aux gens « ordinaires » d’accomplir des prouesses. Cela est très important pour deux raisons au moins : 1/ il est, par définition, plus facile de trouver des profils « ordinaires » par opposition aux profils « exceptionnels » : 2/ les gens au profil ordinaire sont susceptibles d’être utilisés dans plusieurs domaines contrairement aux personnes « expertes » qui sont quelquefois très bonnes dans un domaine bien précis mais nettement moins compétentes ailleurs. Pour illustrer mon propos, je dirais qu’un groupe de gens « ordinaires » est comparable à un couteau suisse.
Vous pouvez trouver ci-dessous une surface qui donne la probabilité de résolution d’un problème en fonction du nombre de personne et de la compétence moyenne individuelle. Pour simplifier les choses j’ai considéré que tous les membres de l’équipe avaient le même niveau de compétence qui peut aller de 0 à 1. Compétence 0 signifie que la personne a une probabilité nulle de trouver la solution au problème posé sur le temps imparti. Compétence 1 signifie que la personne a une probabilité égale à 1 de trouver la solution au problème posé sur le temps imparti. On peut observer la puissance du travail d’équipe! Ce type de fonctionnement est malheureusement très souvent ignoré dans nos organisations. Certes, on en parle beaucoup mais la pratique n’est pas à la hauteur des paroles. Pourquoi ? Deux raisons à cela : nous n’avons pas pris la mesure de sa puissance ou tout simplement parce que nos modes de fonctionnement ne le favorisent pas (e.g., système de rémunération).
Mon conseil : Arrêter de chercher l’Homme providentiel (rare) qui va résoudre vos problèmes tournez vous vers des gens « ordinaires » qui se trouvent autour de vous et faites-les travailler en équipe !

Bonjour,
Ce billet est intéressant d’un point de vue théorique, mais il ne faut pas oublier que souvent, plus il y a de personnes réunies autour d’une table, plus il y a d’avis contradictoires et plus on met de temps à se mettre d’accord.
Je dirais donc que plus il y a de monde autour d’une table, plus on a de chances de trouver une solution, MAIS plus on mettra de temps à la trouver.
Bonjour,
Votre Remarque est très intéressante. D’ailleurs vous anticipez un peu sur mon prochain post dans lequel j’avais prévu de parler de la différence entre le travail en groupe (sans organisation réelle) et le travail en équipe (où l’organisation et les rôles sont bien définis). Le phénomène que vous décrivez se produit s’il n’y a pas d’organisation… Ce ne serait donc pas un travail d’équipe en tant que tel (tout est certe relatif)…
Tenez prenez l’exemple du football, l’équipe qui joue à 9 devant une autre qui a gardé ses 11 joueurs diminue statistiquement ses chances de succès. Cela ne veut pas dire que l’équipe de 9 joueurs est vouée à perdre. Elle peut gagner si, en l’occurrence, elle est mieux organisée que celle de 11 joueurs. La dimension organisation est bien un facteur de succès mais les conclusions de mon post restent vraies en théorie et en pratique (bien sûr sous conditions des hypothèses simplificatrices) inhérentes à une communication via un post sur un blog. Merci encore de votre commentaire.
Alain
J’aime beaucoup ce post, pour moi, le débat contradictoire est sain et un signe du bon fonctionnement d’une équipe mais en vous lisant je me suis demandée quelle est l’utilité des personnes identifiées comme « Compétence 0″ au sein d’une équipe.
Françoise,
Merci pour ce commentaire.
Les personnes identifiées comme « Compétence 0″ sur un problème dont elles la charge de la résolution sont plutôt rares… En plus il faut également intégrer la fameuse « courbe d’apprentissage » naturelle qui se déclenche quand on commence à s’intéresser à un sujet. Dès lors on sort rapidement de la « Compétence 0″.
Alain
Bonjour Alain,
J’aime beaucoup la métaphore du coûteau suisse.
Il faut aussi mettre l’accent sur le rôle clé de l’animateur dans la performance du groupe.
Bien à toi
André
Merci André de ton commentaire.
Alain