Selon de récentes études, le taux d’absentéisme aurait augmenté récemment en France.
Pourquoi cela est-il important du point de vue lean ?
Tout simplement parce que, comme les pannes des machines, cela est non seulement du gaspillage de ressources (coût de la non activité et/ou remplacement = Muda) mais surtout un élément très perturbateur (Mura = variabilité) de l’organisation de d’une entreprise. Cela est vrai tant dans l’usine que dans les bureaux. C’est pour cette raison que l’absentéisme est le point sur lequel Toyota est le plus exigeant vis-à-vis de ses employés. Il s’agit du motif qui pèse le plus dans la cessation du contrat chez Toyota (dixit Jeff Liker). Je rappelle que le travail y est organisé en groupe et que l’absence imprévue d’un employé fait peser mécaniquement une charge plus importante sur les autres travailleurs (Muri = surcharge). On voit bien que l’absentéisme génère toutes les trois causes de la non valeur-ajoutée : Muda, Mura et Muri. Il s’agit surtout d’un élément très important dans la stabilité, qui est le pré requis à la mise en place de tout autre concept du lean.
Dans ce contexte, le niveau très élevé de l’absentéisme en France ainsi que sa tendance haussière n’est pas une bonne nouvelle au moins pour deux raisons. La première raison, explicitée ci-dessus, est que l’absentéisme perturbe la mise en place du lean. La deuxième est que cela est révélateur du fait que les principes de management lean ne progressent pas. Quelle qu’en soit la raison, le progrès du lean ne saurait s’accompagner de l’augmentation du taux d’absentéisme. Si cela est le cas dans votre entreprise alors que tous les autres paramètres restent inchangés, alors il y a un « bug ». D’aucuns pourraient pointer du doigt la crise économique pour expliquer la hausse de l’absentéisme. Cela peut être une condition aggravante mais est-ce la véritable explication ? Cela d’autant plus qu’on peut également tenir un raisonnement contraire : les gens chercheraient à être le plus irréprochable possible, quitte à aller au boulot même quand ils sont souffrants, pour ne pas être « prioritaires » en cas de réduction d’effectifs. Je reviendrai sur ce dernier point dans mon prochain post.
Le taux d’absentéisme ne devrait-il pas baisser en temps de crise, justement par peur de perdre son poste ?!
@stampf
Bonjour,
Je partage ce point de vu que j’exprime (peut-être de manière peu claire) dans les dernières phrases de mon post. En fait, on peut faire tout raisonnement ici et son contraire.
En réalité, je pense que cela n’est pas un facteur important dans la spécificité française au moins pour 2 raisons : 1 / tous les autres pays sont frappés pas la crise, 2/ le taux d’absentéisme en France a toujours été élevé par la passé (comparativement aux pays cites)
Alain
Bonjour,
Je partage votre avis sur l’impact de l’absentéisme sur la mise en place du Lean.
Je m’interroge cependant sur ce qui rentre dans la définition du taux d’absentéisme lors de ces études. Pourriez-vous donner quelques précisions? Est-ce qu’on parle uniquement d’absences non planifiées?
Cordialement,
Sébastien.
Bonjour,
La méthode de comptabilisation (inclure ou non les absences planifiées) dépend des entreprises et de l’utilisation que l’on en fait. L’absentéisme tel que j’en parle, celle qui est nuisible, concerne les absences non planifiées. Une absence prévue peut être gérée. Il est par exemple possible de faire le nécessaire pour trouver un remplaçant de manière à réduire l’impact de l’absence. L’absence planifiée peut, certes, être nuisible mais pas au même niveau que celle qui n’est pas planifiée.
Alain